1)Des origines modestes
Au début des années 1980, James Cameron est alors un jeune ingénieur d’effets spéciaux élevé à l’école de Roger Corman. Il ne compte à son actif qu’un film en tant que réalisateur, à savoir Piranha 2, qu’il a toujours renié, le tournage ayant été un véritable bras de fer avec les producteurs. Fort de cette expérience, il se lance dans l’écriture de Terminator, qu’il réalise sous la houlette d’Hemdale Pictures. Le film est financé par Orion (qui à l’époque collabore étroitement avec MGM) à hauteur de 6,5 millions de dollars (une misère compte tenu des coûts moyens actuels des blockbusters), et le résultat s’avère plus qu’impressionnant. Il faut dire qu’hormis James Cameron, le film marque aussi l’essor du maquilleur Stan Winston, créateur de l’inoubliable endosquelette.
2)Le Jugement Dernier
Terminator est un succès mondial instantané. Et si le tournage d’une éventuelle suite s’envisage dès ce moment-là, il faudra attendre sept ans pour que Terminator 2 voit le jour, et ce pour des raisons avant tout technologiques. En effet, comme George Lucas et ses trilogies Star Wars inversées, Cameron avait déjà imaginé un androïde en métal liquide dès 1984, mais il ne voyait tout simplement pas comment le concrétiser à l’époque. « J’avais eu l’idée du cyborg en métal liquide à l’époque du premier Terminator, mais il n’existait aucun moyen de le visualiser, à part peut-être de la stop-motion sur des figurines en argile souple. Du coup, lorsque j’ai réalisé Abyss et qu’ILM (la société d’effets spéciaux de George Lucas) m’a fait découvrir les images de synthèse, j’ai tout de suite eu un déclic. »
3)Evolution technologique
Il ne lui en faut pas moins pour envisager la mise en scène de Terminator 2 : Le Jugement dernier sous une toute nouvelle perspective. Il décide de miser la totalité du film sur cette technologie balbutiante – qui plus est, le film le plus coûteux de l’histoire du cinéma à l’époque. Il est difficile de mesurer aujourd’hui l’impact que Terminator 2 a pu avoir en son temps. A cette époque, les images de synthèse n’étaient utilisées que pour des effets de style ouvertement artificiels (comme Tron, bien sûr). Pour la première fois dans l’histoire du cinéma, cette technologie devenait un facteur d’immersion dans l’univers du film. C’était la première pierre d’un système qui allait en quelques années faire exploser l’imagination des créateurs, et les libérer des contraintes liées au réel.