1)Les débuts du genre
Lorsque le magazine Omni publie Johnny Mnemonic, il est loin d’imaginer le raz-de-marée qui va s’ensuivre. Nouvelle d’une dizaine de pages, elle impose un style, une écriture et un auteur, William Gibson. Nous sommes en 1982. Le monde est en pleine ébullition. Les avancées technologiques sont nombreuses et cette fuite en avant inquiète autant qu’elle fascine. L’homme se prend à rêver d’intelligence artificielle, de machines capables de répondre à ses moindres désirs de vie éternelle grâce aux remplacements des organes et des membres devenus obsolètes ou malades. Ce n’est pourtant pas l’avis d’un comité d’auteurs qui imaginent des lendemains peu glorieux où l’homme serait l’esclave de ses propres créations. C’est en substance le sujet évoqué par William Gibson dans sa nouvelle. Un sujet qui va exploser en 1984 avec la sortie de son premier roman, Neuromancien.
2)L’essor du cyberpunk
Le courant prend de l’ampleur avec l’arrivée de Bruce Sterling (Les Mailles du réseau) qui publie en 1986 l’anthologie Mozart en verres miroirs dans laquelle on retrouve entre autres Pat Cadigan, Greg Bear, Rudy Rucker et William Gibson. Ce dernier poursuit d’ailleurs sa route avec Mona Lisa s’éclate et Comte Zéro qui forment, avec Neuromancien, une trilogie aussi complexe que passionnante. Autres plumes incontournables, Walter John Williams qui, avec Câblé, signe un des meilleurs romans du genre, Pat Canigan à qui l’on doit les deux Synthérétiques, K. W. Jeter, auteur d’Horizon Vertical, Drive-in et surtout Blade Runner 2 et 3 (suites du film éponyme), Neal Stephenson (L’Age de diamant et Le Samuraï Virtuel), sans oublier Michael Marshall Smith dont les trois premiers romans (Frères de chair, Avance rapide, La Proie des rêves) forcent le respect.
3)Le cyberpunk à l’écran
Aussi étrange que cela puisse paraitre, le cinéma n’a pas attendu que le mouvement prenne de l’ampleur et gagne en reconnaissance pour s’y intéresser, allant même jusqu’à développer, en parallèle de la littérature, une mythologie toute aussi captivante. Outre Johnny Mnemonic dans les pages d’Omni, 1982 marque l’arrivée sur les écrans de deux films devenus cultes. A commencer par Tron de Steve Lisberger, produit par le studio Disney. Mais c’est avec Blade Runner que le genre trouve sa représentation officielle. En 1984, James Cameron livrait l’étonnant Terminator. Sombre et paranoïaque, le film de Cameron rencontre un succès colossal. Profitant de l’engouement robotique, Paul Verhoeven réalise Robocop (1987), critique violente et sans concession d’une société ayant perdue ses repères. Paul Verhoeven, toujours, signe en 1990 Total Recall.