1)Des fossiles au cinéma
Voici près de deux siècles, l’Homme découvrait qu’il avait été précédé sur Terre par d’innombrables variétés de reptiles pendant quelques 140 millions d’années. L’exhumation de leurs fossiles amena les paléontologues à reconstituer l’incroyable morphologie de ces animaux. En 1841, l’anatomiste Richard Owen leur donna le nom imagé de « Terribles Lézards », qui se traduisait en grec par « Dinosaures ». Dès lors, l’imagination des artistes s’enflamma. Dessinateurs, sculpteurs et écrivains trouvèrent là une intarissable source d’inspiration. Il était inévitable que le cinéma reprenne lui aussi à son compte ces monstres qui avaient l’inestimable mérite d’avoir vraiment existé. Toutes les techniques possibles et imaginables ont été mises à contribution pour donner vie aux dinosaures sur grand écran.
2)Le Monde perdu (1925)
La première superproduction du genre est Le Monde perdu réalisé par Harry O’Hoyt en 1925 d’après le roman d’Arthur Conan Doyle. Le génie des effets spéciaux Willis O’Brien, spécialisé dans l’animation image par image, supervise pour l’occasion la création d’une cinquantaine de créatures préhistoriques miniatures, décuplant les expériences qu’il avait pratiquées dans plusieurs courts-métrages depuis le début des années 1920. Œuvre séminale, Le Monde perdu servira de modèle au King Kong d’E.B. Schoedsack et M.C. Cooper (1933). Toujours maitre d’œuvre des effets spéciaux, Willis O’Brien anime ainsi non seulement le gorille géant mais aussi toute une galerie de dinosaures très impressionnants, notamment l’allosaure qu’affronte King Kong au cours d’un duel homérique.
3)Une succession de films
Sept ans plus tard, Hal Roach réalise Tumack fils de la jungle (One Million B.C.), une relecture préhistorique de Roméo et Juliette qui narre les démêlées d’un couple d’amoureux des cavernes appartenant à deux tribus opposées. Les nombreux dinosaures qui peuplent leur environnement sont principalement conçus à l’aide de véritables reptiles se promenant dans des décors miniatures. Après île inconnue (1948) et Continent perdu (1951), Ray Harryhausen, ancien disciple de Willis O’Brien, crève l’écran avec Le Monstre des temps perdus en 1953, l’histoire d’un dinosaure imaginaire réveillé par des essais nucléaires et s’attaquant à la civilisation. L’impact du film est si fort que l’année suivante, le cinéaste Inoshiro Honda s’en inspire pour concevoir le célèbre monstre préhistorico-atomique, Godzilla.