1)Les débuts sur grand écran
Blanche-Neige et le chasseur, Hansel et Gretel, Once upon a time, Grimm ou la Belle et la bête, les héros des contes classiques de notre enfance sont devenus les personnages principaux de films et de séries qui se succèdent depuis plusieurs mois à un rythme soutenu. L’amour du cinéma (et dans une moindre mesure de la télévision) pour les conte de fées est presque aussi ancien que le cinéma lui-même. En 1924, Fritz Lang adapte la légende germanique des Nibelungen sous la forme d’un long diptyque surprenant, inspiré par l’opéra de Richard Wagner L’anneau du Nibelung (1848-1876) qui marqua profondément J.R.R Tolkien, auteur du désormais classique Seigneur des anneaux (1954-1955). Mais il faut attendre 1937 pour qu’un conte entre dans l’histoire du 7e art.
2)Les adaptations de Disney
Après quatre années d’un lourd labeur, Walt Disney présente le premier long-métrage d’animation en couleur. Basé sur le conte des frères Grimm paru en 1812, Blanche-Neige et les sept nains et une pièce maitresse tant il frôle la perfection. Les canons propres aux contes y sont pleinement représentés : la reine cruelle devenant sorcière et usant de ses pouvoirs pernicieux pour anéantir la pureté incarnée par Blanche-Neige ; le valeureux chevalier transi d’amour ramenant sa princesse à la vie ; des nains malicieux et fiers ; un miroir magique capable de bien des prodiges et une féérie qui se dégage à chaque instant. Le succès est immédiat et fondateur d’un empire entièrement dédié à la gloire des enfants. A compter de cet instant, Walt Disney produira de très nombreux films adaptés de contes classiques.
3)Les adaptations françaises
La France n’est pas en reste avec la sortie en 1946 de La Belle et la bête de Jean Cocteau, d’après la version du conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont (1757), et avec Jean marais dans le rôle de bête. Outre la poésie évidente qui s’en dégage, le film offre des scènes d’anthologie à l’image de la transformation de la bête ou le décor vivant de sa demeure. Visuellement renversant, La Belle et la bête fut une source d’inspiration pour bon nombre de réalisateurs par la suite, tout en se posant comme un des fleurons du genre. Si, durant de longues années, les contes furent la chasse gardée de Walt Disney, le bal des adaptations devait pourtant s’ouvrir, certaines restant dans les mémoires. Ce fut le cas de l’étonnant Peau d’âne de Jacques Demy (1970) avec Catherine Deneuve dans le rôle-titre.