1)Un univers agrandi
En 1946, Spirou passe des mains de Jijé dans celles d’André Franquin. Formé par Jijé, Franquin s’approprie Spirou comme aucun avant lui. L’univers qu’il développe devient très rapidement le socle de référence de ses futures aventures : comment imaginer aujourd’hui Spirou sans le comte de Champignac, sans le mégalomane Zorglub, sans la délicieuse Seccotine, ou encore en le privant du château de Champignac, de la Turbotraction et du Marsupilami ? Le Marsupilami apparait pour la première fois dans l’épisode Spirou et les héritiers. Il n’est alors qu’une idée passagère. Franquin dira lui-même s’être inspiré du petit animal Pilou-Pilou, inventé par Segar dans les pages de Popeye. Il remporte très rapidement l’adhésion des lecteurs de Spirou, et Franquin n’a d’autre alternative que d’en faire un sociétaire de la série.
2)L’au revoir à Spirou
Malgré son apport prodigieux à la série, Franquin ne se sentira jamais vraiment à l’aise avec un personnage qu’il n’a pas créé, et décidera de l’abandonner en 1968. Franquin cède aux éditions Dupuis tous les personnages de Spirou sauf le Marsupilami. Lorsque Fournier reprend Spirou, Franquin lui prête son animal fétiche le temps d’une histoire, afin que la transition se fasse en douceur… mais il ne peut s’empêcher de le dessiner lui-même dans les pages. Après avoir exécuté quelques pirouettes dans Le Faiseur d’or, le marsupilami s’éclipse définitivement de la série. Son créateur rêve d’en faire un personnage autonome mais ne parviendra jamais à réaliser ce projet, trop accaparé par le succès de Gaston Lagaffe. Il en dessine juste quelques petites histoires éparses au fil des années.
3)Le retour du Marsu
Il faut attendre 1987 et l’entrée en scène de l’homme d’affaire monégasque Jean-François Moyersoen pour relancer ses aventures dessinées. Ce dernier convainc André Franquin de lui céder les droits du marsupilami, ainsi que ceux de Gaston Lagaffe. C’est en octobre 1987 que parait La Queue du marsupilami, dessiné par Batem et scénarisé par Greg, sous le label Marsu Productions. Franquin en est évidemment le maitre d’œuvre. Le succès est immédiat. Les albums s’enchainent, tout comme leurs scénaristes. Franquin, lui, s’éloigne rapidement de leur réalisation et laisse Batem poursuivre seul l’aventure. En avril 2013, Marsu Productions revend les droits du personnage, ainsi que ceux de Gaston Lagaffe, aux éditions Dupuis, qui célèbrent les 75 ans de Spirou.