1)La belle et la Bête au cinéma
Apparu au IIe siècle, avant que Francesco Straparola en donne sa version en 1550 et que Gabrielle-Suzanne de Villeneuve le formalise dans un recueil en 1740, ce conte devenu classique passa à la postérité en 1757, lorsqu’il fut abrégé et repris par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont dans Magasin des enfants. Désormais intemporel, il fit l’objet d’adaptations variées (télévision, théâtre, ballet…), mais aussi de films dont certains sont entrés dans l’Histoire. De la version de Jean Cocteau en 1946 à celle de Walt Disney en 1991, en passant par la version australienne de David Lister en 2009, La Belle et la Bête habitent le patrimoine mondial depuis des décennies. Outre ces films, le conte fut aussi adapté par Edward L. Cahn (1962), Juraj Herz (1979), Eugene Marner (1987) et Daniel Barnz (2011).
2)Les adaptations à la télévision
A la télévision, La Belle et la Bête fut adapté une première fois lors d’une série produite entre 1987 et 1990 avec Linda Hamilton (Terminator) et Ron Perlman (Hellboy). Si nous étions déjà loin du conte original, la série essayait d’en préserver certains fondamentaux et fonctionnait très bien dans son approche. Avec Beauty & the Beast, reboot lancé en 2012 de la série des années 1980, The CW prend encore plus de libertés pour ne conserver que le principe de base : une bête parvient à conquérir le cœur d’une belle. Ainsi la Bête n’est pas le fruit d’un sortilège magique, mais plutôt des expériences menées par l’armée américaine. Créée par Jennifer Levin et Sherri Cooper (Brothers & Sisters), Beauty and the Beast surfe sur la tendance actuelle qui mise sur les personnages de contes.
3)Le retour du conte au cinéma
Aujourd’hui c’est Christopher Gans, en sommeil depuis Silent Hill (2006), qui réalise une nouvelle version de La Belle et la Bête, film présenté comme l’un des plus ambitieux de l’année 2014 au niveau du cinéma français. Avec La Belle et la Bête, Christopher Gans ne veut pas se contenter d’apporter une énième relecture d’un conte connu de tous et largement exploité face caméra. Pour parvenir à ce résultat, la production est dotée d’un budget confortable de 33 millions d’euros qui seront dépensés avec soin et discernement. Avec Vincent Cassel dans le rôle de la Bête, rôle qui représentait un vrai défi physique en raison de la taille du costume, et Léa Seydoux dans celui de la douce Belle, La Belle et la Bête s’annonce comme un film tout public et innovant dans le fond comme dans la forme.