1)La mise en sommeil
Après un détour américain raté en 1998, Godzilla était revenu dans sa patrie natale dans l’espoir d’y retrouver sa superbe d’antan. Mais l’évolution du marché, le manque d’originalité et une certaine lassitude du public à l’égard du genre devaient conduire la Toho (en charge de la destinée du monstre atomique depuis ses débuts en 1954) à mettre un terme à sa fructueuse saga. Pourtant les dernières productions, Godzilla vs Mechagodzilla (2002), Godzilla vs Mothra vs Mechagodzilla : Tokyo S.O.S. (2003) et Godzilla : Final Wars (2004) étaient plus qu’honorables, mais ne remportèrent pas le succès escompté. Dix ans se sont écoulés depuis cette mise en sommeil forcée et Godzilla n’a rien perdu de sa superbe. Pourtant, et si Guillermo del Toro a rendu un hommage au genre, on ne peut pas dire que les fans soient à la fête.
2)Le réveil du monstre
Godzilla, en retraite cinématographique depuis 2004, va faire son grand retour à l’occasion d’un nouveau film. L’annonce d’un réveil fut donc accueillie avec un enthousiasme communicatif… jusqu’à ce que l’on découvre qu’il était question d’un film américain ! Aussitôt le spectre de celui que les amateurs appellent « Zilla » ou « GINO » (Godzilla In Name Only) ressurgit du néant. Pour la majorité des fans, « si c’est pour ça, laissez Godzilla en paix ! » devient une sorte de leitmotiv. Face à cette levée de boucliers, le réalisateur Gareth Edwards sait qu’il n’a pas droit à l’erreur sous peine de finir consumer dans les flammes d’un feu atomique vengeur. Or le bonhomme a un atout dans sa manche, et non des moindres, puisqu’il est le réalisateur du très convaincant Monsters (2010).
3)Le respect du genre
Et finalement, ce qui s’annonçait comme une catastrophe nucléaire devient potentiellement intéressant, voire même excitant. Dans un Kaijû eiga (films de monstres en japonais), le scénario est rarement capital pour peu qu’il assure sa dose de destruction et de créatures géantes. Ici, il est question de monstres gigantesques qui menacent le Japon et la côte ouest des Etats-Unis, et d’un jeune officier qui tente de rejoindre les siens. A première vue, le cahier des charges est rempli : des monstres, de la désintégration massive et des humains au milieu qui tentent de survivre. Mais comme nous retrouvons Franck Darabont (The Walking Dead) et David Callaham (The Expendables) au scénario, et même si celui-ci ne sera pas un foudre de guerre, il pourrait surprendre les habitués du genre.