1)Le cinéma dans la peau
Hideo Kojima est un enfant de la pellicule, du long-métrage. Ses jeux se veulent le reflet de cette passion pour le 7e art. Quand il se lance dans la production du tout premier Metal Gear, il a La Grande Evasion (1963) en tête. Sauf qu’au contraire du long-métrage de Sturges, il ne s’agit pas de fuir un camp de prisonniers, mais de pénétrer toujours plus en profondeur dans un complexe militaire. De même, lorsqu’il nomme son personnage, il se souvient du New York 1997 de John Carpenter, et de son antihéros Snake Plissken. Dans Metal Gear 2, les emprunts sont encore plus visibles puisque tous les portraits utilisés sont des calques de photos de stars hollywoodiennes : Mel Gibson dans L’Arme Fatale pour Solid Snake, Sean Connery dans A la poursuite d’Octobre rouge pour Big Boss, etc.
2)Des références cachées
Mais dans Metal Gear Solid, un jeu destiné à un plus large public, les références et citations se font moins visibles, plus cryptées. Elles se « cachent » dans des clins d’œil que seuls les cinéphiles sauront déceler. Par exemple, le prénom d’Otacon, Hal, fait directement référence à l’ordinateur de 2001, l’odyssée de l’espace ; la séquence de Psycho Mantis est clairement inspirée du Furie de Brian de Palma. Piège de cristal a dû insuffler à Kojima l’idée d’un Snake passant par les conduits de ventilation ; et le visionnage de Halloween, celle de se cacher dans des casiers en ayant la possibilité d’observer ses poursuivants. Avec Metal Gear Solid 4, les développeurs intègrent un « caméra shake » ou tremblement de caméra, effet très utilisé dans la plupart des derniers films de McTiernan ou chez Michael Bay.
3)L’univers de Hideo Kojima
Hideo Kojima aime citer ses créations dans ses propres œuvres, ou créer des continuités entre ces dernières. Ainsi le petit robot Metal Gear MK. II de Metal Gear Solid 4 était déjà présent dans Snatcher (1988). On le trouve aussi dans certaines démonstrations du premier MGS ou dans Metal Gear Solid : Peace Walker. Les titres de Kojima sont une représentation de son univers mental, choc des contre-cultures américaine et japonaise, où se croisent des idées, des types de personnages ou des références. Un condensé de culture geek et de ses obsessions : la prolifération des armes, les machines de guerre, les armées privées, la science et les expérimentations génétiques, la torture, etc. Les Metal Gear ne sont rien d’autre qu’une cartographie de l’imaginaire de Hideo Kojima.