1)L’épisode I en 3D
Entre la production de l’épisode II (2002) et celle de l’épisode III (2005), George Lucas commença à réfléchir à la présentation de toute la saga en salles en 3D, lançant l’opération sur l’épisode I en 2010. Ce processus minutieux de conversion du film 2D en 3D, image par image, a été mené par Prime Focus, une société spécialisée dans tout ce qui touche aux techniques et aux effets visuels, en collaboration avec ILM. A l’image du montage d’un film, la conversion en 3D implique des choix esthétiques et artistiques. Lucas ne voulait pas d’effets gratuits comme des objets surgissant de l’écran ou des jaillissements. La conversion en 3D a été supervisée par John Knoll, dont la longue expérience et la connaissance approfondie des films lui a permis de mesurer avec précision la profondeur des différents éléments dans chaque plan.
2)De la 2D à la 3D
Chaque image 2D du film a été transposée en une image relief. Chaque élément a ainsi été modifié « à la main » par un infographiste intervenant sur l’image pour placer les objets et les personnages à divers niveaux de profondeurs. Pour créer la sensation qu’un objet en relief se trouve réellement à portée de main du spectateur, la conversion de la 2D vers la 3D demande des opérations supplémentaires. En effet, le seul décalage des images risque de donner l’impression d’avoir une photo découpée agitée sous le nez. Unique solution : reconstituer l’objet en volume. Dans le même souci du détail, la « mise en espace » des tirs de laser a été particulièrement peaufinée. Chaque trajectoire de tir a été traitée indépendamment pour lui donner une profondeur maximale en dépit du fait qu’elle traverse l’image en un éclair !
3)Des acteurs en 3D
Enfin, John Knoll, superviseur adjoint des effets visuels, et son collègue Dorne Huebler se sont aperçus qu’il était indispensable de reconstituer en image de synthèse la structure osseuse du visage d’un acteur filmé en gros plan. Heureusement, en 1999, tous les acteurs principaux de Le Menace Fantôme avaient été scannés en trois dimensions et photographiés en haute-résolution sous toutes les coutures. En réutilisant ces fichiers, ILM a pu ainsi plaquer sur l’image réelle des acteurs la modélisation 3D de leur visage. Tout le paradoxe du travail accompli par les équipes du laboratoire de trucages est là : le processus de conversion d’un film en relief, s’il est bien fait, ne peut être que le fruit d’innombrables interventions humaines, et non pas celui de nouvelles technologies automatisées plus performantes