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VII)Le Titanic de James Cameron

   1)Le cœur de l’Océan

20001045.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120119_111831L’histoire commence avec un chasseur de trésors, Brock Lovett (Bill Paxton), qui a affrété le vaisseau de recherche russe pour une mission clandestine : piller l’intérieur du Titanic avec des véhicules télécommandés (ROV) spécialement conçus, en quête du Cœur de l’Océan, un diamant bleu de trente millions de dollars, considéré comme perdu avec le navire. La mission n’est pas sans poser débat. Mais l’océan ne livre pas aisément se secrets, et les efforts de Brock se heurtent à des déceptions et à de retards jusqu’au jour où une femme de cent ans le contacte. Quand la production débuta à Halifax, il restait huit survivants connus du Titanic. La très populaire Eva Hart était décédée en février. Quant aux autres, la plupart étaient trop jeunes pour se souvenir de ce qui s’était passé, ou trop affectés par l’âge pour en parler de façon cohérente. Aucune de ces options ne pouvait convenir à la vieille Rose, dont Cameron décrit dans son scénario les yeux aussi vifs et vivants que ceux d’une jeune fille. Il a trouvé ces yeux chez Gloria Stuart, une actrice des années 30 qui a arrêté le cinéma pour une seconde carrière de peintre et de mère. A peine âgée de deux ans à l’époque du naufrage, Gloria a dû subir de longues séances de maquillages avec Greg Cannom pour prendre des années supplémentaires et devenir la vieille Rose.

   2)Trois millions de rivets

20053793.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120312_033837Le tournage avait été divisé en quatre phases distinctes de production, les trois premières étant : les plongées profondes de 1995 ; un tournage de trois jours dans la reconstitution des intérieurs submergés de l’épave, où le ROV de Brock cherche le Cœur de l’Océan ; et la partie moderne de l’histoire avec Brock et la vieille Rose à bord du Keldysh. Mais la phase la plus difficile au plan logistique serait la dernière, qui exigeait de reconstituer le navire de 1912, puis de le couler de façon réaliste et historique. Twentieth Century fit l’acquisition de seize hectares de terrain côtier au sud de Rosarito, en Basse-Californie mexicaine, et entreprit d’édifier le premier studio de tournage complet sur la côte ouest depuis 30 ans. Le dynamitage commença début juin 1996, pour dégager des tonnes de roches volcaniques pour les deux bassins principaux –le bassin de quatre-vingt-cinq millions de litres, qui accueillerait le décor extérieur du navire, et le bassin clos de vingt-cinq millions de litres, qui abriteraient les luxueux décors intérieurs. Deux plateaux supplémentaires non submersibles, un plateau mixte et une infrastructure de support équivalente à celle d’une petite ville complétèrent l’installation. Seize cent tonnes d’acier, trente mille rivets, quinze panneaux contreplaqué et plusieurs tonnes de peintures sont des chiffres que le coordinateur de la construction cite de mémoire. Une partie de cet acier englobe les poutrelles qui soutinrent le navire quinze mètres au-dessus de l’eau. Pour le navire proprement dit, la production plaça sous les ordres du chef décorateur et du chef des effets spéciaux une équipe de soudeurs et de mécaniciens spécialistes des sous-marins, pour atteindre leur double but : réalisme et solidité.

   3)Retour vers le passé

20053780.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120312_033732Plus que quiconque, Peter Lamont a endossé le rôle du maitre architecte pour construire le navire. Chaque jour, il parcourait le site en vélo et arpentait les décors à pied, inspectant en silence plan et croquis. Avec dix-sept films de James Bond et trois nominations aux Oscars à son actif, Lamont allait prendre sa retraite quand Cameron l’a appelé. Rejoint par Charles Lee, directeur artistique en chef, Lamont mit en place un atelier de décoration qui réunit plusieurs pays, tous dévoués à une tâche qui mariait retour aux techniques anciennes, décoration de plateau traditionnelle et archéologie. On n’approuva aucun dessin avant que Lamont et Cameron ne soient sûrs que les décors ressemblaient autant que possible au navire réel. Cet attachement à l’exactitude continua : le décorateur de plateau fit fabriquer des milliers de pièces de vaisselle, de cristallerie et d’argenterie et les fit frapper de l’emblème et des armes de la White Star. Le vaste hangar des accessoires fut vite encombré de centaines de chaises pour la salle à manger des premières, de chaises longues, de chandeliers, de sacs postaux, de valises, de tapis et nombre de meubles et accessoires précieux, tous recrées  avec un soin jaloux par les plus grands artisans de Mexico, Londres et Rome. Vêtir les personnes dans les atours de 1912 ne fut pas une mince affaire, en particulier parce que le récit se joue surtout dans l’opulence des premières classes. Deborah Scott, chef costumière, a orchestré une symphonie de tenues, tirant parti de la révolution alors en cours dans la mode. Une apparence que Scott a employée pour la jeune Rose, tandis que sa mère, Ruth, est habillée selon les anciens canons.

   4)Digital Domain

20053781.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-20120312_033733Pour réaliser les effets spéciaux de son film, James Cameron a demandé les services d’une société qu’il a lui-même créée en 1993, Digital Domain. Leur rôle a notamment consisté à donner vie au navire lors de la traversée, puis du naufrage, dans les plans d’ensemble. En effet, il était impossible de filmer le décor à taille réelle en mouvement. Le studio a donc été chargé de placer des acteurs numériques (dont les personnages principaux) sur une maquette au 1/20e. C’est notamment le cas dans le plan où Jack et Fabrizio sont à la proue du navire tandis que la caméra survole le navire. Des acteurs ont tourné sur fonds noir, avec des costumes noirs munis de ronds semblables à des balles de ping-pong, puis des informaticiens s’en sont servi pour reconstituer une doublure virtuelle reprenant les mouvements de l’acteur. Durant le naufrage, Digital Domain a également eu recours aux doublures virtuelles, notamment pour les chutes de passagers lorsque la partie arrière s’élève au-dessus des eaux. Il s’agit à l’origine des chutes de treize mètres, mais les effets spéciaux en ont fait des chutes de 60 mètres et plus. De même, lorsque les héros s’embrassent avant le plongeon final du navire, ils se trouvent sur un décor d’une quinzaine de mètres au-dessus d’un fond vert. Le reste du navire, les chutes, les remous de l’eau et autres éléments ont été ajoutés par la suite. D’autres éléments, comme la buée ou la fumée s’échappant de la bouche des passagers sont également l’œuvre du studio.  

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