1)L’au revoir à Nintendo
Pour Kitase et Sakaguchi, l’heure est déjà venue de passer aux choses sérieuses, sans Nintendo cette fois. Engoncé dans sa volonté de ne pas sortir du format cartouche alors que le CD-Rom et la Playstation tendent les bras au désormais géant du JRPG, Nintendo voit Squaresoft le quitter pour préparer son nouveau titre. Le nom du projet ? Final Fantasy VII. C’est avec Final Fantasy VII, ses trois CD, et ses quarante minutes de cinématiques, voire son intégration de personnages 3D dans des décors précalculés, que les rêves de Sakaguchi et Kitase prennent enfin forme. Plus qu’un simple jeu, plus qu’une étape dans la mutation de la série, Final Fantasy VII devient le maitre étalon, la référence pour tous les titres à venir de la franchise. Une rupture qui redéfinit non seulement la série, mais aussi le genre JRPG. Final Fantasy VII établit un tout nouveau langage visuel et esthétique.
2)Un nouveau design
La création des personnages et animations ne se fera pas sans mal. Exit Amano, au style trop fouillé, trop précieux pour donner une âme à des amas de polygones peu détaillés, c’est Tetsuya Nomura qui prend les commandes du design, impose sa patte manga, plus dynamique, mais peut-être moins onirique. Si le jeu est devenu culte, c’est aussi, parce qu’avec Final Fantasy, Sony fait un coup publicitaire monstrueux. Alors outsider sur le marché de la console, Sony avec Final Fantasy VII s’offre une vitrine de ce qui se fait de mieux, de plus cinématographique, dans le genre RPG. Au point que certains joueurs découvrent le genre, sans se douter que les cinématiques ne sont qu’une maigre partie du jeu. Un peu mensonger… Qu’importe, la franchise est désormais connue en Europe et elle a gagné le cœur des joueurs, en s’écoulant à neuf millions d’unités dans le monde.
3)Final Fantasy VIII et IX
Tout en apportant de véritables améliorations visuelles, thématiques et mécaniques, Final Fantasy VIII et IX ne feront répéter les codes établis par le VII. Avec plus de huit millions d’unités écoulées, Final Fantasy VIII est l’épisode qui s’est le mieux vendu jusqu’à aujourd’hui. Seul changement, et de taille, le retour de Sakaguchi sur FFIX. Une sorte de baroud d’honneur puisque le créateur de la franchise quitte ensuite Square Enix, après l’échec du film Final Fantasy : Les créatures de l’esprit. S’il opère un retour à l’esthétique et à l’univers heroic fantasy des premiers FF, Final Fantasy ne convainc pas tout à fait, malgré une véritable réflexion sur le sens de la vie. Un épisode un peu gâché, lâché en fin de vie de la PlayStation. Pendant que Sakaguchi développe Final Fantasy IX, Yoshinori Kitase, lui, est déjà à pied d’œuvre sur le volet suivant : Final Fantasy X.