1)L’origine du projet
A l’origine de ce projet, on trouve le président de la société japonaise SquareSoft. En 1998, la société décide de franchir le pas vers le grand écran et annonce que Final Fantasy va devenir un film. A l’époque, ce n’est pas le premier jeu vidéo à être porté au cinéma. Super Mario, Streetfighter ou Mortal Kombat ont déjà pavé la voie traumatisant au passage les cinéphiles de la planète. Mais le film sera intégralement réalisé en images de synthèse contrairement aux ineptes prédécesseurs. Sur le plan technique, Hinorobu Sakaguchi, devenu réalisateur du film, choisit de ne pas faire appel à sa propre équipe de création vidéo. Les effets spéciaux de cinéma nécessitent d’autres compétence et mieux vaut faire appels à de vrais professionnels dans ce domaine. La production met donc sur pied, à Hawaï, une unité infographique spéciale exclusivement destinée à réaliser le film.
2)Square et Hollywood
D’emblée, Square décide de passer par la case Hollywood afin de garantir au film un attrait universel. Sakaguchi n’a pas oublié le sort injuste de petit chefs-d’œuvre comme Akira, Ghost in the Shell ou Princesse Mononoké, triomphants dans leur pays mais boudés partout ailleurs. A partir de quelques images tests, Square parvient à convaincre Columbia Pictures de distribuer le film sur le plan international, mais c’est la société nippone qui finance seule le film. En assumant le risque financier, Square garde la mainmise sur le projet. Le marché américain étant primordial, les producteurs courtisent les plus grandes stars d’Hollywood pour qu’elles prêtent leur voix aux personnages animés : Alec Baldwin dans le rôle du héros, James Woods dans celui du méchant et dans le rôle pivot d’Aki, l’équipe ne voit que Ming-Na Wen, interprète de Mulan dans le film de Disney.
3)Un film créé par ordinateur
Pendant que le scénario subit les traditionnelles réécritures, les infographistes s’attèlent à la visualisation de cet univers, et surtout à ses personnages. Alors qu’un personnage de film d’animation est simplement dessiné à la main, un comédien synthétique doit être fabriqué de l’intérieur vers l’extérieur. La première étape consiste à animer les mouvements corporels. Un acteur est revêtu d’un justaucorps muni de balles réfléchissantes au niveau des articulations. Des caméras vidéo spéciales repèrent en temps
réel la position de chaque balle et transmettent cette information à un ordinateur. Là, un logiciel spécialisé applique ces données à un squelette virtuel. Chaque mouvement est détecté et reproduit par la doublure 3D. Ensuite, le personnage passe sous le contrôle de l’animateur dont la mission est d’animer les expressions sur le visage et les mouvements de bouche.