1)Au commencement
Née de la coopération de deux sociétés britanniques, Eidos et Core design, Lara Croft est le personnage principal de la série des jeux Tomb Raider. L’idée de Tomb Raider a germé en 1995 dans les locaux de Core design, petite société de développement de jeux vidéo, créée six ans auparavant. La société engage un scénariste pour mettre au point l’histoire du jeu. Il met au point un personnage principal qui est inspiré d’Indiana Jones. Les traits du personnage principal sont conçus par le dessinateur Toby Gard. Toby Gard s’inspire en premier lieu de Tank Girl, aventurière déjantée de la bande dessinée australienne, et de Neneh Cherry, pop star anglaise. Le personnage enfin créé, l’équipe de développement passera un an à créer le jeu à proprement parler. Le jeu est mis en vente à l’automne 1996 sur la plupart des plates-formes de jeu de l’époque (PC, Mac, PlayStation et Sega Saturn).
2)De jeux en jeux
Le succès du premier épisode ne pouvait pas rester sans suite. Core Design va alors tenter de surfer sur ce succès et enchaine les épisodes. Ainsi le studio dégaine dès l’année suivante Tomb Raider II ; en 1998 un Tomb Raider III ; en 1999 Tomb Raider : La Révélation Finale ; en 2000 Tomb Raider : Sur les traces de Lara Croft puis en 2003 Tomb raider : L’ange des ténèbres qui le marquera le point d’arrêt d’une saga visiblement essoufflée, peinant à se renouveler face à une concurrence accrue. Selon le site Otaku, alors que les ventes du premier opus de Tomb Raider et de sa suite flirtaient avec les 8 millions d’unités dans le monde, Sur les traces de Lara Croft atteignit à peine les 2 millions d’exemplaires alors que l’ange des ténèbres les dépassa tout juste… Ce Tomb Raider-là sera le dernier pour Core Design, Crystal Dynamics reprenant la main sur la franchise en perte de vitesse.
3)Les tops modèles
En 1996, les héros du moment affichent tous un machisme primaire, multipliant les tirades grasses de sous-entendus (Duke Nukem 3D). Avec Lara Croft, c’est l’opposé : l’héritière anglaise est bien capable d’éliminer ours et mafieux de ses deux flingues, mais tout en étant distinguée et élégante. Ici il ne s’agit pas tant d’incarner un avatar de polygones et de muscles virtuels que de le contrôler. Nuances certes, mais nuance qui balise, limite les possibles évolutions du personnage. D’ailleurs, Eidos décide d’user de cette image pour mieux vendre ses produits. D’où des incarnations de chair de l’héroïne, différentes à chaque volet. Ainsi Lara Croft fut incarné par des mannequins de 1996 (Nathalie Cook) à 2008 (Alison Carroll). Le magazine VSD surfa également sur le succès de la franchise en demandant à Vanessa Demouy en 1998 de poser en Lara Croft pour des photos.