1)De Crichton à Spielberg
Au début des années 1990, alors qu’il en train de faire voler Robin Williams pour les besoins de Hook, Steven Spielberg cherche déjà son prochain sujet. Un échange avec Michael Crichton va le lui offrir. « Je lui ai demandé sur quoi il travaillait », se souvient le cinéaste. « Il m’a répondu : « Quelque chose qui concerne les dinosaures et l’ADN ». J’ai tout de suite voulu en savoir plus ». L’écrivain sortira son livre en novembre 1990. Spielberg décèle immédiatement le potentiel de ces créatures disparues. Au-delà du formidable divertissement qu’il peut en tirer, le réalisateur y retrouve des thèmes fétiches. Derrière le blockbuster se cache toujours une problématique familiale. Ici, le paléontologue Alan Grant, mal à l’aise avec les enfants, se retrouve obligé de protéger la descendance du propriétaire.
2)De L’image par image
Reste à répondre à cette question : comment ? Phil Tippett, célèbre pour son travail sur Star Wars, est chargé de concevoir des miniatures des dinosaures et de mettre au point les dernières innovations de la technique du mouvement image par image. En décortiquant les storyboards établis par le cinéaste, Tippett élabore, avec ses maquettes, des « animatiques » en stop motion. Afin d’être le plus crédible possible, un paléontologue est embauché en tant que consultant. Jack Horner apporte son expérience en corrigeant des erreurs liées à la conception des créatures. Ainsi, alors que les vélociraptors sont d’abord représentées avec des langues proches de celles des serpents, il explique que les dinosaures ont plus en commun avec les oiseaux qu’avec les reptiles. Une phrase reprise par Alan Grant (Sam Neil).
3)Aux effets numériques
Lorsque Phil Tippett présente son travail, Spielberg n’est pas totalement convaincu. Malgré les efforts de l’artiste, il considère que les dinosaures manquent de réalisme. Il se tourne alors vers Dennis Muren. Ce dernier vient de faire un pas de géant à son métier en concevant le T-1000 liquide de Terminator 2 (prouesse qui lui vaudra un Oscar). Steven Spielberg est d’autant plus intrigué qu’il ne nie pas une certaine ignorance. Pour l’intéressé, le défi est immense. Le premier test est effectué sur la fuite des galliminus, animal dont les déplacements rappellent ceux de l’autruche. Seuls les os sont alors représentés. Mais, déjà, Spielberg est bluffé. Des plans complets du T-Rex sont également réalisés. Le cinéaste doit alors annoncer à Tippett que le numérique va devenir l’atout numéro un de Jurassic Park.