1)Retour au Pays d’Oz
Après le vif engouement provoqué par Le Magicien d’Oz, l’univers d’Oz se montre discret avant de faire un retour en force au cinéma à partir des années 60. En 1962, l’artiste avant-gardiste Harry Smith livre dans le court-métrage Number 13 une version expérimentale de l’œuvre de Baum. L’année suivante débute une production grand public, au traitement plus classique, Journey Back to Oz, mais, en raison de problèmes financiers, celle-ci fut suspendue pendant plusieurs années, et ce n’est finalement qu’en 1974 que l’opus sortit aux Etats-Unis. En 1969, le roman fit l’objet d’une autre adaptation, en live-action, The Wonderful Land of Oz, produite par la Childhood Productions. Se démarquant de ce type de réalisation, The Wizard of Mars, essaie de renouveler le thème en transposant dans le cadre de la science-fiction. Malheureusement cette tentative ne décolle jamais du niveau de la série B, voire Z.
2)Zardoz (1973)
Le monde d’Oz, malmené par certaines de ces adaptations peu inspirées, trouve cependant un second et puissant souffle avec la sortie d’un ovni futuriste, Zardoz (1973), écrit et réalisé par John Boorman. Variation de l’œuvre originale, elle emporte le spectateur vers une terre d’Oz totalement renouvelée. Insolite, d’abord hermétique, Zardoz s’impose comme une allégorie philosophique qui s’interroge sur le devenir et la décomposition des sociétés humaines et le cycle de la vie, traversée par la pensée boormanienne d’une civilisation dépassée par sa propre technologie et déconnectée de la nature. Un thème majeur qui parcourt toute l’œuvre du cinéaste. Quarante ans après sa sortie, l’opus continue d’alimenter les controverses, certains n’y voyant qu’un nanar luxueux, au discours confus, et d’autres un authentique chef-d’œuvre. En 2008, Boorman faillit adapter à nouveau l’œuvre de Baum mais le projet est suspendu.
3)Un Oz modernisé
Oz (1976) est la variation pop du récit de Baum, un road-movie rock signé par Chris Löfven. Chris Löfven modernise la narration d’origine en la transposant en Australie à l’époque contemporaine. Le film ne connut pas un grand succès lors de sa sortie, mais après sa distribution aux Etats-Unis gagna en notoriété. Après le dessin animé japonais Le Magicien d’Oz (1982) de Fumihiko Takayama, remake amusant et léger du film, et Return to Oz (1985) de Walter Munch, le court-métrage Apocalypse of Oz (2006) propose une association aussi inusitée qu’inattendue en s’appuyant sur les classiques Apocalypse Now et Le Magicien d’Oz dont il reprend certains dialogues, et envoie traquer un colonel renégat de l’armée américaine dont le nom de code est le Magicien. Depuis les projets se disputent le grand écran, certains forts originaux comme Bedlam Stories de Perry Teo (Necromantia).