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VI)La légende du Titanic

   1)Introduction

800px-Southampton-TitanicEngineersMemorialLa légende du Titanic dépasse largement les premières grandes manifestations de deuil. De nouvelles légendes se tissent. Le drame fait l’objet de romans, de films. La découverte de l’épave en 1985 contribue à donner un nouvel élan à la mémoire du grand paquebot disparu. Trait marquant : à partir de 1912 et pendant des années, on assiste à l’inauguration de monuments érigés à la mémoire de certaines personnalités ou de groupes ayant disparu lors de la catastrophe. La liste en est longue. Le drame sert de thème à plus de 500 chansons, opérettes, comédies musicales comme The Wreck of the Titanic dont le succès sera considérable en Grande-Bretagne et dans les pays du Commonwealth. Le roman s’en mêle. A se limiter à la production française, le meilleur, et de loin, est celui d’Edouard Peisson, paru en 1932, Parti de Liverpool. Il met en jeu L’Etoile des mers. Le drame du Titanic se renouvelle. Le paquebot heurte un iceberg en pleine nuit. Le choc est à peine perceptible. Mais le nouveau géant des mers se casse progressivement en deux. L’évacuation se déroule au milieu d’une effroyable panique. En fermant le livre, on a cependant la surprise de constater que sur plus de 1 000 passagers, on ne compte que 55 victimes dont le commandant et la plupart des officiers. L’œuvre littéraire la plus surprenante est peut-être la saga en trente-trois chants de Hans Magnus Enzesberger, Le Naufrage du Titanic, qui repose sur une parfaite connaissance de tous les détails du drame.

   2)De nombreuses légendes

canvasPendant toute l’entre-deux-guerres, des légendes continuent à fleurir. Le Titanic aurait enfermé dans ses flancs un véritable trésor, évalué par certains à 200 millions de dollars. Il ne s’agit là, en fait, que de pures suppositions. La cargaison n’était assurée que pour 420 000 dollars. Beaucoup de passagers fortunés débarqueront à New York avec argent et bijoux. Des phénomènes étranges contribuent à nourrir la légende du Titanic. Alors qu’il se dirige sur Halifax en 1935, un cargo anglais traverse en pleine nuit le lieu du naufrage ; un homme de veille est brutalement saisi d’une mortelle angoisse. Un énorme iceberg jaillit de l’obscurité, droit devant. Le bateau réussit à éviter l’obstacle pour se trouver immédiatement entouré et bloqué par une banquise. Il ne sera dégagé que par des brise-glace venus de Saint-Jean de Terre-Neuve. Le cargo s’appelait le Titanian et l’homme de veille était né le 15 avril 1912. Le malheur semble encore s’acharner sur la famille d’illustres disparus ou sur certains rescapés. Une association, les Enthousiastes d’Amérique, rebaptisée, la « Société d’histoire du Titanic », se crée en 1968 pour perpétuer le souvenir du géant des mers. Tous les cinq ans, à la date du 15 avril, intervient une commémoration. Chaque réunion obéit à un thème. Dans le musée maritime de Philadelphie, la Société ne cesse de rassembler des souvenirs. Le musée maritime d’Halifax présente également des souvenirs et toute une documentation. 

   3)Le Titanic à l’écran

423px-White_Star_LineA la différence du Radeau de la Méduse ou du torpillage du Lusitania, qui n’ont pas eu les honneurs de l’écran, le Titanic, de 1920 à 1976, a inspiré au moins six versions et un téléfilm, sortis des studios les plus divers. Le premier de ces films a été tourné dans les années 20. Le deuxième, Atlantic, fut réalisé en Allemagne. Il n’a laissé qu’un seul souvenir : ce fut le premier film parlant tourné en Europe. Mais le Titanic de 1943, également tourné en Allemagne, à la demande du ministre de la propagande Goebbels, éclipse largement cette réalisation. Achevé en 1943, Titanic est à la mesure de la conjoncture de l’époque. C’est un brûlot anti-britannique. Goebbels tient à ménager la sensibilité d’une population soumise à des raids de terreur et à patronner un cinéma de détente. Titanic sera cependant présenté à Stockholm et à Paris, en novembre 1943. Au lendemain de la guerre, en 1949, il sera enfin projeté sur les écrans de l’Allemagne Fédérale, avant d’être interdit à la suite des protestations de l’ambassade britannique. En revanche, Titanic sera diffusé en Allemagne de l’est et suivi en 1950 d’une autre production, Epilog, de Helmut Kaütner, qui ne sera pas distribué à l’étranger. Avec Jean Negulesco, Hollywood ne peut s’empêcher de tourner en 1953 son propre Titanic. Cinq ans plus tard, intervient le cinéma britannique avec A Night to remember, Atlantique latitude 41°. Dernière version, avant le film de James Cameron, le téléfilm de William Hale, tourné aux Etats-Unis, S.O.S. Titanic.

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